On [terminée]

On [terminée]

Messagepar nouilleh » 11 Avr 2006, 19:12

J'ai déjà posté cette histoire sur RCM il y a fort longtemps, mais il y aura peut-être plus de lecteurs ici. Ca n'a rien à voir avec du Resident Evil, mais avec un autre survival-horror.
Elle est assez longue c'est vrai, mais quand on aime on ne compte pas. :dent
L'histoire brièvement : Jack, seul dans sa nouvelle maison...



<center>Chapitre 1</center>

Hiver 1984.
21h14



Jack était allongé sur son lit, enfin, c’était un ramassi de planches qui soutenaient le matelas. En effet, il venait d’emménager dans une nouvelle maison. Le genre de bâtisse que personne ne voulait acheter sous prétexte qu’elle était vieille, sale et délabrée à tel point qu’on se demandait encore comment elle faisait pour tenir debout après toutes ces années. Qu’importe, du moment que ce n’était pas cher, où était le problème ? De plus, la maison était placée en bordure d’une vieille route que personne n’empruntait, ce qui renforçait le sentiment d’isolement.



La réputation de celle-ci ne l’avait pas dissuadée de l’acheter. En effet, on disait qu’un meurtre horrible aurait été commis ici…enfin, c’était la seule chose que Jack avait retenu de cet endroit, entre toutes ces fausses rumeurs et débilités inventées par on ne sait qui …
« En tout cas , on peut dire que cette maison inspire les gens. » , c’était le genre de phrase que Jack disait pour se rassurer. Cela devait être une surprise pour elle.

Il essayait de dormir. Impossible avec tout ce brouhaha causé par cette tempête de neige. On se croirait à la fin du monde .Les branches des arbres claquaient contre les fenêtres, provoquant un bruit insupportable, comme si quelqu’un voulait se faire remarquer .Le vent soufflait et sifflait assez fortement. Par moment, on avait l’impression d’entendre des gémissements. Les vieux volets en bois, enfin ce qu’il en restait, s’ouvraient et se refermaient aussitôt, le tout, en grinçant péniblement. La nature se déchaînait.


Jack se tortillait dans tous les sens : rien n’à faire ,c’était impossible de se reposer ,surtout après cette épuisante journée de travail, l’enquête n’avançait pas : ils n’aboutissaient qu’à des fausses pistes. Mais si jamais ils réussissaient, ce serait le scoop de leurs vies. Et avec ce rédacteur en chef qui ne les lâchaient pas d’une seule seconde, lui n’y croyait pas du tout à cette affaire et il ne faisait rien pour les aider.


« Quel con celui-là ! » , rien que de penser à ce type, Jack s’énervait tout seul. « Bon, et maintenant, je fais quoi ? » Il se leva et se dirigea vers la fenêtre pour contempler le triste spectacle dehors. « Pfiouu, j’espère au moins que les routes ne vont pas être coupées. »




Cela faisait maintenant une semaine qu’il habitait ici. Sa maison était composée d’un étage, d’un sous-sol et d’un grenier. « Il serait temps que je commence les travaux, mais bon. » Il retourna s’asseoir sur le matelas .Il se frotta les yeux, leva la tête et inspira profondément. Il descendit ensuite au rez-de-chaussée où se trouvait le séjour ,la cuisine, le garage et l’escalier qui menait à la cave. Il devait s’assurer que les fenêtres tiendraient le coup .Les vieilles marches craquaient sous ses pas. On avait l’impression que l’escalier aller céder .


Il était à présent devant la porte d’entrée, dans un long couloir froid et humide .En face de lui se tenait la cuisine : la fenêtre était ouverte et la neige en profitait pour entrer. Jack soupira et s’empressa de bien la refermer. « Mon dieu ,ce qu’on gèle ici ,on se croirait dans une chambre froide, et dire que je n’ai toujours pas le chauffage » .Il secoua la tête, « pourquoi j’ai acheté cette baraque ? » Mais quelque chose attira son attention. C’était des traces de pas sur le sol de la cuisine qu’on pouvait nettement distinguer dans cette neige encore fraîche .Pourtant, ce n’était pas ses empreintes. « Tiens ?qu’est ce que c’est ? »


Il se baissa pour mieux y voir. Au même instant, la maison se retrouvait plongée dans l’obscurité totale. Il n’y avait plus d’électricité. Il se figea un moment, « saleté de fusibles de … » La lune éclairait faiblement la pièce. Soudainement, Jack ressentait un sentiment étrange. Etrange ? Pas vraiment, c’était tout simplement de la peur. Il ne se sentait pas rassuré. Il avait même l’impression que…




Cinq minutes s’étaient écoulées, et Jack était toujours accroupi sur le sol de la cuisine. La tempête redoublait de violence. Les battements de son cœur s’accéléraient .Il tremblait. « Bon, pas la peine de stresser pour un rien. Je vais juste remettre les fusibles en place et tout ira mieux, enfin, j’espère. »Il se releva et sorti de la cuisine. Il n’y voyait absolument rien. C’était comme s’il avançait les yeux fermés. Il marchait à tâtons, et trouva rapidement la porte de la cave, cette vieille porte en bois dont on dirait qu’il était moisi. Jack posa sa main sur la froide poignée. Il tira sans aucun résultat :c’était bloqué.


Il recula de deux pas et donna un grand coup de pied ,en vain ;il n’a pas réussi à défoncer la porte, mais juste à faire un trou dans le vieux bois. Il réessaya .Mais soudainement, il entendit des bruits de pas, des pas assez lourds pour qu’on puisse les entendre avec pareille tempête dehors. Cela venait de derrière la porte :quelqu’un montait les escaliers de l’autre côté de celle-ci. Jack retenait son souffle .Il s’éloigna instinctivement. Il n’était pas sûr de ce qu’il entendait. Son cœur s’accélérait. Il était paralysé, tétanisé par la peur.


Qui cela pouvait-il bien être ?Il ne savait plus quoi faire .Il courut vers le séjour et se retourna de manière à voir la porte de la cave. Il n’entendit plus rien. Juste le vacarme de la tempête. Un courant d’air traversait la pièce. Sans raison apparente, Jack se mit à rire. Il riait de lui-même : « Mon pauvre Jack, il faut que t’arrêtes d’être autant parano ! , il secoua la tête, bon, l’électricité ne va pas se remettre tout seul. » Il sortit du séjour .Néanmoins, il n’était pas totalement rassuré : « bon, c’est ridicule là . » Il se décida alors de tirer d’un coup sec et ferme la porte de la cave qui s’ouvrit brutalement. .Il eut la respiration coupée, avant d’expirer lentement.




Une forte odeur de moisi se dégageait du sous-sol. Il était obligé de se pincer le nez tout en descendant les vieilles marches humides. De la mousse verte s’étalait tout le long des murs. La cave était composée de deux pièces séparées par un mur. C’était la première fois que Jack venait ici. Il n’avait jamais pris le temps de tout visiter. Il posa enfin les pieds sur le sol. Il devait maintenant trouver le tableau électrique, pas évident avec tous ces cartons. En effet, le sous-sol était rempli de cartons qui pourrissaient. Il n’avait pas d’autres choix que d’avancer les mains devant lui pour se frayer un chemin .Il transpirait de plus en plus. Il s’aperçut alors qu’il avait un zippo dans sa poche .Il dût s’y prendre à deux fois avant de pouvoir l’allumer.


La lueur de la flamme éclaira l’endroit, rendant celui-ci encore plus froid .Il y avait également des meubles couverts de draps blancs. Tout était recouvert d’au moins cinq centimètres de poussière. Les ombres des objets remuaient et bougeaient à cause des vacillements de la flamme. « Bon, faut se grouiller là. » Jack n’était pas à l’aise :il avait un mauvais pressentiment. Il essaya de se frayer un chemin. Ses jambes ne voulaient plus avancer. Il se trouva finalement devant une porte. Il venait de traverser la première pièce. Il posa la main sur la poignée, mais hésita. C’était comme s’il ne voulait pas continuer. La flamme diminuait. Il l’ouvrit finalement .


La deuxième salle était vide. Il balaya la pièce du regard. Rien. Cependant, celle-ci était bien plus grande que la précédente, et son faible briquet ne pouvait pas tout éclairer. Il avança alors doucement. Il tremblait à mort .Si, il y avait quelque chose. « Qu’est-ce que c’est ? » dit-il à voix basse. C’était un grand congélateur, ceux qu’on utilise dans la restauration : il était fermé. Jack se figea, il était même surpris de voir ça. Il rebroussa chemin sans perdre de temps. « Tant pis pour le courant, je verrai demain. »Il accéléra le pas. « Quoi ? » La porte par lequel il était arrivé était verrouillée. Il tira fortement, sans succès. « Qu’est-ce qui se passe ici ? elle était ouverte tout à l’heure ! ! »


C’est à ce moment qu’il entendit quelque chose provenant du congélateur .C’était des tapotements, puis très vite un grand fracas :comme si quelqu’un était enfermé à l’intérieur et qu’il se débattait pour en sortir. « Oh mon dieu ! ! ». Jack essaya de défoncer la porte sans prêter attention à ce qui se passait derrière lui. Il abandonna aussitôt. Il ne pouvait rien y faire :la porte était bien plus solide qu’elle n’en avait l’air. La pièce était silencieuse :un calme absolu .La tempête dehors était toujours aussi violente. Il n’y avait plus aucun bruit. Le contenu du congélateur est devenu muet. Jack n’avait plus peur :il était terrorisé. Il avait l’impression qu’il allait mourir.





<center>Chapitre 2</center>



Il n’arrivait plus à réfléchir. Même s’il savait que c’était impossible, il espérait l’arrivée de quelqu’un. Une personne qui pourrait le rassurer… Soudain, une pensée noire lui traversa l’esprit : « un cercueil… »Il était sur le point de vomir. Jack était enfermé dans un sous-sol avec ce qu’il pensait être un cadavre. « Mais non, arrête de délirer ! !Reprends toi ! Les morts ne bougent pas ! »Il commençait à avoir du mal à respirer. « Est-ce que je deviens fou ? » La panique le gagna. Il était dos à la porte. Il fixa le container. Son cœur battait à se rompre. Il n’osait même plus bouger. Il devait aller vérifier .


Qui y avait-il réellement à l’intérieur ?Il devait en avoir le cœur net. De toute façon, il n’avait pas d’autres choix. Il respira profondément. Il voulait changer d’avis, et ne pas avoir à le faire, mais ce serait trop facile. Il se décida enfin. Il avança très lentement tout en murmurant « personne ne me croira ». Il avait la tête rentrée dans les épaules comme s’il voulait se protéger. Il était à deux mètres du congélateur. Il s’arrêta instinctivement. Il avait la gorge nouée. Il osa à peine avancer le bras pour pouvoir l’éclairer. Il posa finalement les deux mains sur le couvercle. Il coupa sa respiration. Un frisson lui traversa tout le corps. Il compta jusqu’à trois et ouvrit le congélateur…


Il n’avait pas osé regarder directement, c’est pourquoi il avait tourné la tête. Très vite, une forte odeur de viande pourrie se dégageait. Jack ne pouvait plus se retenir et finit par vomir de dégoût. Pas un seul instant il n’aurait imaginé voir ça. Un corps reposait à l’intérieur. Son ventre était ouvert. Jack resta sans voix. L’odeur de la chair putréfiée et du sang avait envahi la salle. La Mort gagnait du terrain. La personne était morte par asphyxie .Elle avait ses intestins serrés autour du coup :on l’avait étranglé avec ses propres boyaux. Elle n’avait même plus de jambes. Les bras était disposés le long du tronc. Jack mit la main sur sa bouche. Il était sur le point de rendre une deuxième fois. Mais quelque chose attira son attention : c’était une clef qui était placée dans le ventre de la dépouille.


« Mon dieu… »Il ne savait plus quoi faire. Le mort semblait si vivant .Devait-il la prendre ?Il hésita longtemps, mais tendit sa main tremblante en direction du cadavre, très lentement. Au dernier moment, il la retira : « je…je ne peux pas… »Il recula. La flamme du zippo commençait à faiblir, il ne lui restait plus que quelques secondes avant de se retrouver à nouveau dans le noir complet. Il regardait le mort du coin de l’œil. Il se décida finalement. Il approcha sa main en direction de la clef. Celle-ci était immergée dans le sang. Jack devait plonger son bras franchement dans le congélateur pour pouvoir la récupérer. Il n’y avait quasiment plus de lumière. Il avait les larmes aux yeux.


Ça y est :il était à présent plongé dans les ténèbres alors qu’il n’avait toujours rien fait. Il était resté immobile et jetait un regard sur le briquet. Il plongea sa main au travers des entrailles du mort. Le sang était encore chaud . Il remua les doigts avant de pouvoir toucher un objet dur :c’était la clef. Il la saisit et ressortit son bras de là. Mais il n’y arrivait pas :quelque chose avait agrippé son poignet.



Tout semblait s’arrêter autour de lui. Un silence absolu malgré la violence de la tempête dehors. Le sous-sol était toujours aussi froid. Il ne réalisait pas ce qui était en train de se passer. La seule chose qu’il entendait, c’était les battements de son cœur qui accéléraient. Qu’est-ce qui se passait ? Jack avait-il conscience de ce qui se produisait en ce moment ?Bien sûr que non. Il essaya de se libérer de cette étreinte en remuant son bras le plus énergiquement possible.


Aussitôt fait, il recula et courut vers la porte, clef en main. Il respira de plus en plus fort, comme s’il manquait d’oxygène. Il n’osait pas se retourner. Il y avait cette « chose » , ce mort. Mais l’était-il réellement ? Peu importe, l’objectif de Jack était de sortir d’ici. C’était presque fait :il déverrouilla la porte et se hâta de traversa l’autre pièce en évitant tous ces cartons. Cela semblait si réel. Il monta les escaliers deux par deux et se dirigea immédiatement vers la porte d’entrée. Malgré les conditions climatiques, il était hors de question de rester une seconde de plus ici. Il tenta d’ouvrir cette lourde porte, mais il n’y arriva pas. Elle était coincée et quelque chose était bloqué dans la serrure, ce qui rendait la porte infranchissable, et malgré sa vétusté, la forcer ne servirait à rien. Mais Jack essaya quand même. Après trois tentatives, il renonça.


Il n’y avait plus de doutes, il était terrorisé. Il alla ensuite dans la cuisine et tenta de sortir par la porte-fenêtre. Sans résultat, la neige et le gel empêchaient toute ouverture. Jack désespérait. Il n’y croyait pas. Qu’est-ce qui se passait ici ? Comment a-t-il pu en arriver là ?Tout le monde le prendrait pour un fou s’il racontait ce qu’il vivait en ce moment. Encore fallait-il qu’il s’en sorte. Avant de quitter la pièce, quelque chose attira son attention, cela provenait de l’évier. « Qu’est-ce que… » Il avait du mal à distinguer quoi que ce soit dans une telle obscurité. Mais petit à petit, ses yeux s’habituaient à la pénombre. Il y avait là toute une rangée de couteaux, soigneusement posé du plus petit au plus grand. Du sang séché était présent sur les lames. Jack regarda cela avec effroi. Il recula. Aussitôt, un bruit sourd l’alerta. C’était le même son que tout à l’heure. Les marches de l’escalier de la cave craquaient à nouveau. Jack se figea. Qu’allait-il faire ? Sortir de la cuisine le contraignait à passer devant la cave. Etait-il trop tard ? Il s’empressa de prendre un couteau. On était toujours en train de monter les marches. De là où il était, il essayait de voir qui remontait du sous-sol. Impossible, il faisait trop sombre. Cependant, il venait de voir quelque chose bouger. On approchait. Il était temps de prendre une décision. S’enfermer ici, ou tenter de remonter au premier étage ?




En l’espace d’une demi seconde, Jack sprinta jusque la porte d’entrée. Il venait de passer juste devant lui. De qui s’agissait-il ?ou plutôt de quoi s’agissait-il ? Il réessaya d’ouvrir cette maudite porte sans grandes convictions. Il n’y avait rien à faire. C’est à ce moment qu’il sentit un courant d’air froid derrière lui. Il se sentait observé. Il n’avait pas la force, ni le courage de se retourner. De qui s’agissait-il ? Une partie en lui voulait savoir, mais l’autre n’en avait rien à faire. Un intru était apparemment chez lui, un cadavre était caché dans le sous-sol… Tous ces évènements dépassaient son imagination. La tempête dehors redoublait de violence. Il était maintenant certain que sortir serait trop dangereux…Il était dans un état de panique. Les escaliers étaient sur sa gauche, mais aurait-il le temps de monter toutes les marches sans se faire rattraper ? Pessimiste comme il était, il n’y croyait pas. Mais c’était soit ça, soit…On s’approchait de lui. Jack restait le plus immobile possible, paralysé de peur. Il avait la gorge nouée. Ses jambes claquaient l’une contre l’autre, il ne pouvait pas s’empêcher de trembler. Sa respiration devenait de plus en plus forte. Il était temps d’agir s’il ne voulait pas y rester. Du coin de l’œil il fixait les marches :combien devait-il en avoir ? S’il les montait deux par deux, il ne devrait pas y avoir de problèmes, et il pourrait se réfugier dans l’une des chambres du premier étage. Mais effrayé comme il était, aurait-il la force d’accomplir cet exploit ? C’était la peur qui contrôlait son corps.




Il ne réfléchit pas plus longtemps, et tourna immédiatement sur sa gauche. Il passa les deux premières marches sans problèmes, les deux suivantes également. Il prit appui sur la rampe avec sa main droite. Cela paraissait interminable, d’autant plus qu’il n’entendait pas que les bruits de ses pas, d’autres sons plus lourds et étouffés se faisaient entendre derrière lui. Mais il n’eût pas le temps d’y faire attention. Sixième marche. Il devait se surpasser pour pouvoir bouger correctement ses jambes. Il fit un faux mouvement, et trébucha à la marche suivante. Il perdit l’équilibre et s’étala en avant. Il se rattrapa avec les deux mains. Le couteau qu’il tenait atterrit quelques marches plus bas. Il ne sentait même pas la douleur de sa chute, mais on était à présent juste derrière lui. Jack n’avait pas le temps de se relever, et devait se servir de ses bras pour avancer. Il essaya de prendre appui avec ses pieds tout en se servant de ses mains et tenta de monter aussi vite que possible. Neuvième marche.



Il se releva mais c’est là qu’il sentit quelque chose de terrible dans son dos. C’était froid et pointu. Cette douleur l’avait foudroyée . Il hurla de toutes ses forces. Il regarda par dessus son épaule, et vit que le couteau qui était tombé était à présent en lui. On venait de le poignarder. La lame restait enfoncée dans le bas de son dos. Il n’y avait plus que le manche de visible. Jack sentait son sang couler le long de sa jambe. Ses forces s’amoindrissaient :il ne tenait presque plus debout. Tout tournait autour de lui. Il avait le goût du sang dans la bouche. Il avait du mal à garder les yeux ouverts. Sa respiration s’entrecoupait. Le moindre mouvement lui provoquait d’affreuses souffrances. Le simple fait de respirer l’affaiblissait. Serait-il assez fort pour supporter tout cela ? Il ne pouvait s’empêcher de garder sa main sur sa blessure. La lame du couteau déchirait sa peau au moindre geste. Il n’avait ni la force ni le courage de retirer cela hors de lui. Il était toujours debout, en serrant de toutes ses forces la rampe.




Jack regarda derrière lui et vit qu’on l’observait. Sa vision était devenue trouble et il ne voyait qu’une vague silhouette, beaucoup plus petite qu’un être humain. S’il lâchait prise, il s’effondrerait en bas, et cela l’achèverait. Il serra les dents, et essaya de franchir les dernières marches. Cette chose l’observait toujours : elle le regardait agoniser, elle le regardait se vider de son sang, elle le regardait monter péniblement les marches, aussi malsaine soit-elle. Jack avait les yeux inondés de larmes. Cela devenait insupportable. La salle de bain était juste à côté. Encore un petit effort. Il y était presque. Jack avançait d’un pas hésitant. Il titubait. Il s’avança vers cette pièce.





Son premier réflexe était de foncer vers le lavabo, au fond. Il verrouilla d’abord la porte. Il s’affaiblissait inexorablement. Il n’avait plus la force d’avancer. Allait-il mourir ? Probablement. Mais pourquoi, pourquoi lui ? Toutes ces rumeurs sur la maison étaient donc vraies ? Comment pouvait-il le deviner ? Il ne pouvait pas partir maintenant. Elle ne le savait sûrement pas. Il ne pouvait pas la laisser seule, pas maintenant. Son nouveau travail…tous ces efforts pour rien ? Jack tomba à genoux sur le carrelage encore froid. Il avait perdu au moins deux litres. Il devait s’estimer heureux de ne pas être encore mort. Tous ces évènements….pourquoi lui ? Pas maintenant…il devait tenir le coup, ne pas baisser les bras, pas pour lui, mais pour elle. Le couteau était toujours en lui. Il essaya d’atténuer sa chute en agrippant le rebord de la baignoire. Il glissa sur son propre sang et se retrouva par terre, la face droite contre le sol. Cette chute le foudroya instantanément et le cloua au sol. Il pouvait voir son sang s’écouler hors de lui. La tempête dehors s’était calmée. Tout revint à la normale, le vent dehors soufflait avec moins de vigueur, mais se faisait toujours entendre . Jack ne pouvait plus bouger, il était à bout de force .Son regard se portait sur la porte. L’avait-il verrouillé ? Est-ce que c’était toujours là ? Il n’était plus sûr de rien. Pourquoi lui ?Qu’est-ce qui l’avait attaqué ?Sa respiration devint plus haletante.



Son rythme cardiaque ralentissait. Il sentait les battements de son cœur. Il savait déjà ce qui allait lui arriver. Ses muscles ne répondaient plus. Ce n’était plus la peine de se battre, il n’en avait plus la force, ni la volonté. Personne ne viendrait l’aider. Il était déjà trop tard. La porte s’ouvrit lentement. Apparemment, il ne l’avait pas fermée à clef., cela ne l’étonna pas plus que ça, trop épuisé pour réfléchir. Il vit qu’on s’approchait de lui, à moins qu’on ne s’éloignait ? Il n’était plus sûr de rien. Il ne pouvait plus rien faire. Il attendait sa sentence. La douleur en lui le torturait toujours. Dès que la porte s’était ouverte, celle-ci était devenue plus forte rien qu’à la vue son agresseur. Pas maintenant…pas ici…pas lui… Il se mit à trembler :la fraîcheur du sol le faisait frissonner, tout comme cette chose . Il ne pouvait même pas se défendre. La fatigue ainsi que la peur le gagnèrent. Qu’allait-il lui arriver ?





La porte grinça péniblement et heurta violemment le mur. La clef dans la serrure tomba aussitôt sur le sol. Jack devait lutter pour garder les yeux ouverts. Bientôt il ne contrôla plus ses paupières. Il n’y voyait plus rien. L’obscurité la plus totale. Seule le tic-tac de sa montre le rattachait à la réalité. Le vent dehors se faisait aussi entendre. Le calme absolu. Cependant, il ne savait pas si c’était toujours là. Il n’en avait plus rien à faire. Que pouvait-il lui arriver de pire ? La mort le délivrerait…à moins qu’on ne voulait pas qu’il meurt…On pourrait prolonger son plaisir, se délecter de ce moment :le voir agoniser, gisant dans son propre sang jusqu’à la fin. C’est là que Jack comprit. On ne voulait pas le laisser partir comme ça…La tendance s’inversa : Jack pria pour pouvoir reposer en paix.



C’était presque chose faite. Ses forces diminuaient. Mais il sentait que quelqu’un s’approchait de lui. Le sol vibrait. Cela ne laissait rien présager de bon. L’une de ses dernières pensées était de s’enfoncer lui même ce couteau encore plus profondément dans le corps. S’il en avait la force, Jack l’aurait probablement fait. Il voulait en finir, mais cela faisait déjà longtemps qu’il ne contrôlait plus la situation. Il était on ne peut plus passif. Sa vie ne lui appartenait plus. Il ressentait cette peur :que pouvait-il lui arriver de plus? Est-ce que cela ne suffisait pas ? Il se laissa bercer par le calme de la pièce. Il était temps…Sa dernière pensée allait à elle. Tous ces moments de bonheur, jamais il ne les retrouverait.




« Jack, c’est moi, ouvre ! ! Je me gèle ! » Qu’est-ce que c’était ? Serait-ce Mary ? Mais que fait-elle là ? La fenêtre de la salle de bain était entrouverte, la porte d’entrée était située juste en dessous. Elle arrivait trop tard. « Pars d’ici, ne reste pas… » pensa-t-il. Il aurait voulu la prévenir, mais il n’en avait plus la force. Il était déjà mort. Ses yeux se fermèrent, une dernière fois.



Pardonne moi



Sa dépouille reposait dans la salle de bain. Cette pièce dégageait quelque chose de serein et de calme. Le sang recouvrait la moitié de la salle. Au rez-de-chaussé, on entendait quelqu’un frappait à la porte. Il faisait froid, un courant d’air glacial traversait la maison. Le paysage était recouvert d’un épais manteau neigeux. Les routes étaient devenues impraticables. Les autorités avaient fortement conseillé de rester chez soi cette nuit là. Qui pouvait bien prendre sa voiture malgré un tel danger ? Pourquoi Mary était-elle là ? Etait-elle consciente de ce qui allait lui arriver en restant ici ?






<center>Chapitre 3</center>



« Et mer** ! saleté de voiture ! Il ne manquait plus que ça ! » Mary tapait frénétiquement et nerveusement contre le tableau de bord. La batterie venait de lâcher. Elle ne pouvait pas rester enfermée ici, il fallait bien qu’elle termine le chemin à pieds, malgré les mauvaises conditions climatiques. Elle était à environ deux kilomètres de la maison. Surprise par le climat, elle avait été contrainte de ralentir. « Bon, c’est parti ! » pensa-t-elle. Elle prit un dossier rangé à la va-vite dans une serviette et sortit de la voiture sans prendre la peine de refermer la portière. Il faisait au moins -10°c dehors, et il n’y avait pas de temps à perdre. La neige encore fraîche empêchait une avancée rapide et stable. C’était un vrai parcours du combattant. Elle regarda sa montre : 21h08. Elle devait se dépêcher de l’avertir. Elle accéléra le pas et manqua de tomber à terre. Le sol n’était pas régulier, et cette couverture neigeuse cachait les failles du chemin. Mary tremblait, mais elle ne devait pas s’arrêter, pas maintenant…



« Quelle idée aussi d’acheter une maison dans ce coin paumé ! » soupira-t-elle. Après environ trente minutes de marche, elle arriva devant la bâtisse. C’était la première fois qu’elle la voyait. Cette vue lui donna la chair de poule. Elle avait un mauvais pressentiment. La voiture de Jack était garé devant le garage. Il n’y avait aucune traces de pneus : Mary en conclut qu’il était rentré chez lui directement après le boulot. Elle fixa les fenêtres du premier étage : tout était sombre. Elle avait la désagréable impression de se sentir observée par la fenêtre de la salle de bain . Il n’y avait aucune lumière à l’intérieur de la maison. Que pouvait-il bien se passer ? Certainement une coupure de courant, dans ce genre de baraque, les plombs doivent sauter au moindre coup de vent. Elle sourit à cette pensée. Comment ont-ils pu l’acheter ? et surtout dans un tel état ?



« T’en fais pas ! Deux trois coups de pinceaux par ci par là, et tout sera comme neuf ! » disait-il. Tu parles ! » Le temps de reprendre son souffle, et d’ouvrir son gros blouson pour mieux respirer, elle s’avança vers la porte d’entrée en évitant les branches des arbres qui étaient tombées dans l’allée. Elle introduisit sa clef pour ouvrir la porte, impossible, il y avait un morceau de ferraille coincé dans la serrure. Elle aurait nettement préféré un de ces chics appartement du centre-ville. Elle n’insista pas, et appuya sur la sonnette. Là non plus aucun résultat. « Jack, c’est moi, ouvre ! ! Je me gèle ! » Mary frappa contre la porte trois fois de suite. « Jack, t’es là ? » Aucune réponse. Elle fit trois pas sur sa gauche et essaya de voir à travers les deux fenêtres du salon. Rien. Elle tendit ensuite l’oreille contre la vitre, mais il n’y avait aucun bruit. Le calme absolu. Elle ne savait plus quoi faire. L’idée d’avoir fait tout ce chemin dans un tel moment l’avait découragée. Elle tapa nerveusement les pieds contre le sol. La jeune femme regardait autour d ‘elle : un paysage vide, c’était la seule maison dans ce coin.





C’était un cadeau de fiançailles que Jack leur avait fait. Elle ne pouvait bien sûr pas refuser, surtout pas avec tout le mal qu’il s’était donné. C’était la première fois qu’elle venait ici, elle n’était même pas au courant qu’il avait acheté cette baraque. Il voulait lui en faire la surprise après avoir fini toutes les réparations. Mais voilà, leur ancien appartement était sur le point d’être démoli. Les fêtes de noël approchaient, et elle espérait déjà pouvoir passer le réveillon ici. La chose qui l’inquiétait, c’était le fait que c’était la seule maison des environs. Pourquoi ? Ce devait être un quartier encore « neuf », un terrain dont on n’avait pas pris le temps d’exploiter pleinement. Mais ceci n’expliquait pas l’état déplorable de leur maison . Une bâtisse aussi délabrée dans un coin encore vierge de toute présence humaine, quelque chose n’allait pas. Mary sortit de ses pensées et regarda le dossier qu’elle tenait dans les mains sur lequel était écrit au marqueur noir : « AFFAIRE WILLIAM CRADDOCK ». L’affaire sur laquelle elle était en train de plancher avec Jack, ce qui a d’abord fait sourire la Rédaction.



Ce n’était pas commode de voir un couple bosser ensemble, surtout sur ce genre d’affaires … Elle regarda droit devant elle et vit l’entrée du jardin , encore cachée sous la neige. Elle s’avançait à petits pas, et en profita pour essayer d’ouvrir la porte du garage. Impossible, tout avait gelé. Il faisait très sombre, et seul un lampadaire au loin éclairait faiblement la moindre parcelle de terre. L’obscurité totale. Les végétaux au fond dansaient sous l’effet du vent. Les mouvements avaient l’air si irréel . On aurait dit qu’ils étaient vivants . De toute évidence, la jeune femme n’était pas du tout à l’aise. Elle était pourtant chez elle, que pouvait-il bien lui arriver ? Elle avança doucement, le pas hésitant en regardant du coin de l’œil ce qui l’entourait. Son rythme cardiaque accélérait. Elle était sur ses gardes, prête à contre-attaquer…mais contre-attaquer de quoi ?Elle regarda par-dessus son épaule, s’assurant ainsi que personne ne la suivait…y compris ce William…Elle secoua la tête, elle délirait : comment pourrait-il venir ici ?Elle avait probablement beaucoup trop bosser sur cette affaire.



Elle arriva à l’arrière de la maison. Elle ne distinguait absolument rien. Très vite cette lueur attira son attention. C’était au premier étage. Il y avait de la lumière dans l’une des deux chambres. « Jack ! Tu m’entends ? » Elle se dirigea vers la porte vitrée arrière de la cuisine. Il n’y avait plus de poignée. Mary fronça les sourcils et frappa à la porte en faisant le plus de bruit possible pour alerter Jack. Aucune réponse. « Jack, si t’es là, ouvre moi ! » Elle tenta de regarder à travers la vitre , soupira et recula. Elle se déplaça ensuite sous la fenêtre de la chambre d’où provenait la lumière. Quelqu’un avait allumé des bougies, on apercevait les vacillements des flammes et les ombres projetées contre les murs. Elle recula afin d’avoir une meilleure vision. Qu’est-ce qui se passait là-haut ? « Jaaaackk ! !Mince répond moi !Qu’est-ce que tu fais ? ? » Elle perdit espoir et décida d’entrer chez elle par n’importe quels moyens, sans attendre qu’on lui ouvre. Mary commençait à s’énerver et retourna devant l’entrée de la cuisine. Elle regarda autour d’elle et cherchait un objet assez dur pour briser le verre. Elle n’avait pas d’autres choix à part rester geler dehors. Une vielle brique ferait l’affaire . Faute de mieux, elle saisit fermement une assez grosse pierre, et la jeta contre la vitre. Un premier jet assez maladroit, elle avait les mains gelées et n’avait pas réussi à lancer correctement le projectile. Cependant, c'était assez pour ouvrir la porte, enfin pour la pousser un peu plus, car elle était déjà ouverte. Elle se demanda comment c’était possible , elle avait certainement du mal vérifier avant… Elle entra dans la pièce.





Elle posa le dossier sur la table. Elle essaya d’allumer la lumière mais l’interrupteur ne répondait pas. Une odeur acide avait envahit la maison. Une puanteur même ! Mary faisait une grimace dès qu’elle respirait à plein nez. Elle ne distinguait presque rien. Elle avait gardé son manteau sur elle : il faisait aussi froid que dehors ! Elle se frotta les mains pour essayer de se réchauffer. Elle alla dans le séjour et balaya la salle du regard, Jack semblait ne pas être ici, mais il y avait une lettre posée sur la table. Elle la saisit mais n’arrivait pas à la lire dans une telle obscurité. Elle garda l’enveloppe dans sa main et monta au premier. Quelqu’un venait de fermer une porte. Elle était devant l’escalier et avançait prudemment marche après marche. L’odeur était de plus en plus forte. « Jack, qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que ça sent ? » A la huitième marche, Mary faillit perdre l’équilibre : elle venait de glisser sur un liquide. Elle se rattrapa fort heureusement sur la rampe.



Elle prit une pause de cinq secondes pour comprendre ce qui venait de se passer. Elle n’était pourtant pas maladroite du tout, elle franchit les dernières marches et se retrouva dans le couloir du premier étage. La porte de la salle de bain était fermée. Leur chambre était éclairée par des bougies récemment allumées. La jeune femme y entra. Rien d’inhabituel. « Qu’est-ce que tu me fais Jack ? C’est pas marrant ! T’es où ? » Elle jeta sa veste sur le matelas et alla vérifier les deux autres chambres. La première, la plus petite des deux était remplie de vieux cartons et d’autres vieilles planches. Les araignées squattaient le plafond et la poussière donnait l’impression qu’il y avait une deuxième moquette sur le sol. L’autre salle était un peu plus vaste, mais un peu moins encombrée. Il y avait un grand miroir au fond. Mary retourna dans sa chambre et saisit une bougie. Elle tenait toujours la lettre, elle l’ouvrit :



Bienvenue chez toi,
Tu es enfin là
Près de moi.
Bientôt tu connaîtras ton vrai « toi »
Ne fait pas cette tête là,
Quand la mort viendras,
Tu l’accepteras avec joie

Jack




« Oh mon Dieu ! Jack … ? Non !… » Les premières larmes glissèrent le long de ses joues. Les mots peinèrent à sortir de sa bouche. Elle tremblait, de froid ou de peur ? Elle avait du mal à réaliser et ne se sentait absolument pas en sécurité. Une simple lettre l’avait complètement chamboulée. Etait-ce réellement Jack qui l’avait écrite ? Probablement pas, mais il s’agissait de son écriture. Qu’est-ce que cela signifiait ? L’enveloppe lui glissa des mains et se posa par terre .Mary avait le regard perdu dans le vide. Elle regardait autours d’elle et fit trois pas sur sa droite et sortie da la chambre. Elle remarqua qu’à sa gauche, la salle de bain était fermée. Elle tendit le bras pour mieux y voir : il y avait du sang sous la porte, et également sur les escaliers. Immédiatement elle regarda la paume de sa main droite où il y en avait également. Elle venait de réaliser qu’elle avait failli déraper sur de l’hémoglobine . Elle accourut devant la porte et l’ouvrit :




« Aaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhh » lâcha-t-elle en se mettant la main devant la bouche. La pièce était inondée de sang, le sol en était recouvert. La fenêtre était ouverte : cette pièce était encore plus froide que les autres. Un souffle glacial traversa la salle de bain. Mary ne bougeait quasiment pas : visiblement choquée par ce spectacle. Comment était-ce possible ? Qu’est-ce qui se passait ? Elle se résolut à avancer de quelques pas. Elle s’accroupit et examina le tapis , il y avait également une trace de main sur le rebord de la baignoire. Il n’y avait aucune trace de lutte ici. Elle sortit et se positionna devant les escaliers qui étaient aussi tâchés de sang. La victime avait du se faire agresser là avant de s’effondrer à côté. Pourtant, il n’y avait personne ici. C’était un véritable carnage : la première fois qu’elle voyait une chose comme ça dans sa vie. Le vent vint souffler sur la bougies. Mary, d’une main tremblante referma la fenêtre. Où était Jack ? Etait-il sain et sauf ? Elle devait le retrouver au plus vite. Elle était dos au mur, dépassée par les évènements. Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration avant d’expirer lentement.




Un murmure, une voix grave rompit le silence ambiant. Mary ouvrit les yeux aussitôt, d’un regard elle scruta la salle. Rien n’avait changé. Pourtant, elle avait l’impression que quelque chose était différent. Elle se sentait bizarre. Cette voix … , comme si quelqu’un se plaignait, se lamentait. Jack ? Elle ne bougeait pas d’un iota. Le couloir encore faiblement éclairé se trouvait maintenant enveloppé dans le noir : les bougies de la chambre venaient de se consumer. Il était hors de question de rester une seconde de plus ici. Elle avança d’un pas rapide et descendit les escaliers le plus vite possible. La porte d’entrée était toujours coincée : il était impossible de l’ouvrir. Elle alla dans la cuisine et vit avec surprise que la porte arrière par laquelle elle était arrivée avait disparue. Elle n’y croyait pas. Mary s’approcha et posa ses mains le long du mur en espérant trouver la poignée. « Quoi… ? » C’était comme si ce mur avait toujours existé. Elle se retourna : la porte du couloir s’était refermée. Elle ne pouvait plus sortir de la salle. On venait de l’enfermer ici. Elle essaya de la défoncer, mais cela ne changeait rien. Elle frappa de toutes ses forces : « Au secours ! !A l’aide! » Mary se retrouvait désormais enfermée dans la cuisine, baignant dans l’obscurité la plus totale. Elle baissa les bras. Que pouvait-elle bien faire dans une situation pareille ? Elle s’accroupit dans un coin et essaya de réaliser ce qui se passait.




Mary, nouvelle journaliste s’était fiancée à Jack voilà six mois. Ils s’étaient rencontrés dans les locaux de la Rédaction lors d’un stage, et c’était le flash. Elle n’avait jamais connu ses parents, et avait maintes fois essayé de les retrouver, en vain. Jack était bien la première personne à avoir réussi à lui redonner le goût de vivre. Pour lui, elle serait capable de remuer ciel et terre. Qu’est-ce qu’elle ferait sans lui ? Pourquoi avait-elle fait tout ce chemin sous une nuit aussi mouvementée ? Ah oui, elle venait de trouver une piste à propos d’un tueur qui sévissait dans les ghettos de la ville : il venait de faire une nouvelle victime…




Elle regarda sa montre, mais les aiguilles ne bougeaient plus. Il était 21h49. Elle avait du mal à respirer. Les premières larmes glissèrent le long de ses joues. Elle resta très silencieuse. Elle était terrorisée, mais elle ne savait même pas qui craindre, ou plutôt quoi craindre. Elle était complètement sans défense : que pouvait-elle bien faire en cas de danger ? Si elle était menacée ? Et où était Jack ? Pourquoi n’était-il pas avec elle ? Mary se sentait si impuissante. Mais ce n’était pas dans son habitude de baisser les bras. Elle se releva, et s’approcha de la porte. Elle n’entendait rien, mais avait l’impression qu’elle n’était plus seule dans la pièce : il y avait certainement quelqu’un d’autre.



Elle tourna la tête sur sa gauche, mais c’était impossible de voir quoi que ce soit. Mary tendit l’oreille au maximum, elle ne pouvait plus compter que sur son ouïe. Elle sentait un léger courant d’air qui lui effleurait le cou. Un frisson lui traversa tout le dos. Elle se retourna aussitôt : « Qui est là ? demanda-t-elle nerveusement, répondez ! Je sais que vous êtes là ! » Elle resta collée à la porte et n’osait s’avancer plus, pourtant, il le fallait bien… Aucun son. La tempête s’était calmée. Un bruit assourdissant vint briser le silence ambiant : quelque chose venait de tomber à terre, sûrement l’épais dossier consacré à l’affaire Craddock. Mary sursauta et son cœur s’accéléra. Elle lâcha un petit cri d’effroi. Avec sa main gauche elle essaya d’ouvrir cette maudite porte. Elle suait de plus en plus. Elle n’avait jamais eu aussi peur dans sa vie, et dieu sait qu’elle en a vu de ces choses. « Jaaaack ! ! » cria-t-elle désespérément. Elle frappa contre le mur avec la paume de ses mains.




Tu ne changeras jamais.
Mary ? Qu’est-ce qui te prend ?



« _Quoi ? Cette voix…, les larmes perlèrent sur son visage, qui êtes-vous ? Elle respirait de plus en plus fort.
_Tu ne sais pas ? J’ai toujours été là…sauf que tu ne m’avais jamais vu…
_Qu’est-ce que vous dites ?De quoi pa…. qui êtes-vous ? qu’est-ce que vous voulez ? !
_J’espérais mieux de toi…
_Répondez ! dit-elle d’une voix énergique mais également remplie de détresse. Où est Jack ?



Un frottement dans l’air, et la lueur d’une allumette vint éclaircir la pièce, et les doutes de la jeune femme. Elle eut le souffle coupé, comme si le temps s’était arrêté. Elle n’en croyait pas ses yeux. La cuisine avait changé, comme si elle se trouvait dans une toute autre salle. Devant elle se dressait un autel. La personne en face d’elle lui tournait le dos, elle ne parvenait pas à voir son visage. Il allumait les bougies posées sur le meuble. Un petit rire cynique se fit entendre. Ce son lui glaçait le sang. « William… ? ! » pensa-t-elle. Comment avait-il pu venir jusqu’ici ? Mais où était-elle au fait ? Elle observa les murs autour d’elle. On avait l’impression qu’ils étaient pourris, voire organiques comme s’il s’agissait de choses vivantes.


« _Tu nous fait là un retour aux sources, dit l’individu.
_De quoi vous parlez ? Où sommes-nous ?
_Tu ne sais toujours pas ? »


L’homme se retourna enfin, et le contre-jour des bougies accentuait les traits de son visage : « Depuis le temps qu’on t’attendait…on espérait te voir venir ici un jour ou l’autre…chose que tu n’as jamais faites. » Mary essaya d’ouvrir la porte derrière elle, et elle y parvint. Elle était sur le point de quitter cet endroit pour s’engouffrer dans un long couloir. Il était clair qu’elle n’était plus chez elle. Elle n’avait toujours pas vu l’identité de cette personne. Il y avait quelque chose au fond de l’allée : ça bougeait. C’était une sorte d’ombre qui s’avançait vers elle. « Alors ? que comptes-tu faire ? N’as-tu pas vu qu’il était trop tard ? Il est là pour toi, n’ait crainte… » L’entité s’approchait, elle le sentait. La peur de la Mort se faisait de plus en plus sentir. La jeune femme se retourna pour voir l’identité de l’individu qui lui parlait. Ses pieds tremblaient sans qu’elle ne puisse les contrôlait. Il ne s’agissait pas du tueur William comme elle le pensait : « Oh mon dieu….…Jack ? »






<center>Chapitre 4</center>



Mary se réveilla en sursaut. Elle était en sueur. Elle venait de réaliser que ce n’était qu’un rêve, ou plutôt qu’un cauchemar. Elle était encore chargée d’émotions. Elle regarda sa montre : il était 2h13. Elle alluma une lampe de chevet posée sur sa table de nuit puis se recoucha lentement. Ca avait l’air si réel. Elle secoua la tête, c’est là qu’elle s’aperçut que ses yeux étaient en larmes… Jack n’était pas à ses côtés. Mary se releva. La nuit était calme. Elle enfila sa robe de chambre et descendit du lit. Du haut des escaliers, elle ne voyait aucune lumière du rez-de-chaussé . Du bout des doigts elle alluma celle du couloir. L’ampoule hésita, le filament clignotait. Ses yeux se fixaient instinctivement dessus : elle observait cette valse lumineuse avec inquiétude, comme si le fait de se retrouver dans le noir l’effrayait. Cela durait au moins dix bonnes secondes. Elle osait à peine bouger, esclave de la situation. Passive. Toute son attention était portée sur le plafond.



Finalement, l’ampoule éclairait le couloir avec assez de vigueur, suffisamment pour rassurer la jeune femme. Elle ne se reconnaissait pas dans ce comportement. Elle descendit les marches une à une : le bois était froid. Arrivée devant la porte d’entrée, elle vérifia que celle-ci était bien verrouillée. Mary entra dans la cuisine, alluma la lumière. Elle ressentait une drôle d’impression. Ses yeux n’étaient pas encore habitués à la clarté de la pièce, aussi elle devait les garder plissés pour pouvoir supporter. C’était comme si elle avait passé un long moment dans l’obscurité. Elle saisit un verre et le remplit d’eau. Où était Jack ? pensa-t-elle. Elle se tourna sur sa droite et était face à la porte-fenêtre. Les volets n’étaient pas fermés, ce n’était pas dans leurs habitudes de les laisser tel quel le soir. Il était peut-être sorti dans le jardin ? Vu comme il faisait froid, ça ne devait sûrement pas être le cas. Elle ne s’en soucia pas plus que ça et remontait vite dans sa chambre .


Elle pressait le pas, mais ne savait pas pourquoi. Elle se sentait ridicule et terrorisée à la fois. En passant devant le salon, quelque chose retint son attention. Elle ne s’arrêta pas plus de deux secondes et continua. Elle remontait les marches aussi vite que possible et se recoucha rapidement dans le lit. « Ouf…il ne s’est rien passé… » pensa-t-elle. Il n’en fallait pas plus que ça pour se rendormir. Ses pieds étaient encore froids et elle essayait de se réchauffer. Une heure plus tard, elle était éveillée mais avait toujours les yeux fermés. Elle sentait qu’il y avait du mouvement dans la chambre. La porte venait d’ailleurs de se refermer, enfin, elle n’était pas sûre. On marchait vers elle. Cela devait être Jack. Mais elle ne bougeait toujours pas. Elle tenta d’écouter le bruit qu’il faisait. Après cinq minutes, plus rien. « Pourquoi il ne se couche pas ? » La tête encore enfoncée dans l’oreiller, elle lui dit : « Chéri…qu’est-ce que tu fais ?…viens… » Aucune réponse. Elle ouvrit les yeux : il n’y avait personne. La chambre était vide. Elle soupira et se blottie sous les oreillers. La nuit paraissait vraiment froide, ou était-ce elle ? En remuant ses pieds, une sensation désagréable l’envahit. Il y avait quelque chose au fond du lit. C’était glacial et aqueux. Elle se leva à nouveau et souleva la couette lentement. On dirait du sang…du sang ? ! Les draps en étaient complètement imprégnés. Comment était-ce possible ? D’où cela provenait-il ? Elle était sous le choc : les yeux grands ouverts et la respiration coupée. Mais cette tâche de sang grandissait de plus en plus, comme si c’était le lit qui saignait. Cinq minutes plus tard, il était complètement ensanglanté. Mary sortit aussitôt de la chambre et alla se rafraîchir dans la salle de bain. Elle tourna le robinet d’eau froide et fit un creux avec ses mains et s’aspergea le visage. Toutefois, ce n’était pas de l’eau. Elle releva la tête et vit dans le miroir le visage de …. C’était trop horrible. Elle ne se reconnaissait plus. Ses mains tremblaient. Elle avait le regard perdu dans le vide. Elle recula, et donna un grand coup de poing contre le miroir. Celui-ci se brisa en mille morceaux. « Nooooooooooooooonn ! » Mary courut et descendit les escaliers avant de sortir dehors. Pieds nus, elle avança dans la neige : « Qu’est-ce que vous me voulez ? » cria-t-elle . Le froid la gagna et elle se retrouva agenouillée par terre. Les premières larmes apparaissaient . Elle se mit à pleurer de toutes ses forces : « Aaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh ! ! ! » Elle resta recroquevillée sur le sol pendant au moins dix minutes.




Finalement, elle se résigna à se relever. Elle se passa de la neige sur son visage pour effacer le sang qu’elle avait. Elle hésitait avant de retourner dans la maison. En avait-elle réellement envie ? Certainement pas, mais elle ne pouvait pas non plus rester dehors dans cet état . Elle observa les alentours : des champs à perte de vue. Tout était caché sous la neige. La route était devenue invisible. Tenter une quelconque escapade serait vain. Il fallait qu’elle prévienne quelqu’un, pourquoi pas la police ? Mais le téléphone se trouvait dans le salon de la bâtisse. Elle abandonna alors cette idée et réfléchissait sur un autre moyen. Impossible, elle devait demander du secours. D’ailleurs, où était Jack ? Elle commençait à s’inquiéter à son sujet. Il ne pouvait pas être m…



Soudain, un cri la fit sursauter : « Maaaaaarrryyyyyyyyy ! ! A l’aide ! ! ! » Cela provenait de la salle de bain. Mary eut le temps de voir quelqu’un bouger à travers cette fenêtre du premier étage. Etait-ce lui ? Elle n’en était pas sûre, mais devait aller l’aider . Elle franchit la porte d’entrée et s’arrêta au pied de l’escalier. « Jack, c’est toi ? » demanda-t-elle timidement. Le silence régnait au premier étage. Sur sa gauche était le séjour. Devait-elle se jeter sur le téléphone ou monter voir ? Le choix devait déjà être fait ! Elle devait aller aider son fiancé ! Mais dans ce cas, pourquoi était-elle encore plantée là ? Mary n’avait jamais eu aussi peur de sa vie. Cependant, elle monta quand même les marches. « Qu’est-ce qui se passe ? » Au fond du couloir se dessinait une silhouette inquiétante. A ses pieds on voyait le corps de Jack allongé par terre. « Oh mon dieu… »



L’entité demeurait immobile face à la femme. Il s’avançait désormais vers elle. Mary ne pouvait plus rien faire pour aider Jack. Sans défense et prise de court par cette découverte, elle redescendit les escaliers et alla se cacher dans le salon. Elle bloqua la porte avec une chaise et saisi le téléphone. « mer** ! » Il n’y avait pas de tonalité. Elle paniqua et avait de plus en plus de mal à respirer correctement. Les nerfs chargés à bloc, c’était la première fois qu’elle était aussi proche de la Mort. Cependant, en jetant le combiné violemment contre le sol, elle remarqua que le câble téléphonique n’était pas relié à la prise murale. Elle se baissa aussitôt, prit le fil dans sa main et le brancha dans le support. Oui ! Cela fonctionnait, la tonalité était revenue. Mary composait le numéro de Police Secours avec ses doigts fébriles :


-Allô ? Il y a quelqu’un qui essaie de me tuer ! Je suis au…
-Police Secours bonsoir. Veuillez patienter un instant…
-Quoi ? Allô ? Et mer** !



C’était un répondeur automatique. BAM ! La porte d’entrée venait de se refermer brutalement. Le son des clefs tournant dans la serrure se faisait entendre. Mary se cacha derrière le canapé dans un coin de la pièce et surveilla la porte du salon. « Répondez… » Un frisson lui parcoura le long du dos. Elle serrait fortement le combiné dans sa main, c’était son dernier espoir de s’en sortir et elle s’accrochait à cette idée. Il était en train de marcher dans le couloir. Pourquoi Jack ? Pourquoi lui ? Elle ne pouvait s’empêcher de penser que juste à l’étage du dessus, son fiancé était mort. Mais était-ce réellement lui ? Ou… ?




A l’autre bout du fil, une musique niaise la faisait patienter. Elle avait bien bloquer cette porte, il ne pourrait pas venir. Néanmoins, il essaya de la franchir. En effet, de l’autre côté, on sentait qu’il donnait plusieurs coups assez puissants pour espérer la faire céder. La chaise qui bloquait la poignée était apparemment assez solide et stable pour l’empêcher de tout défoncer. Pourtant… Mary regardait cela avec effroi, elle ne pouvait rien faire d’autre . Dès qu’il entrerait dans le séjour, il la tuerait sans pitié. Dévastée et terrorisée par ce coup du sort. Mais il fallait se battre et ne pas baisser les bras. Jusqu’à la dernière seconde elle se battrait :


-Oui allô Police Secours à l’appareil .
-Po….police secours.. ? On essaie….on essaie de me tuer….Venez vite…j’habite au….
-Calmez-vous madame. Reprenez plus lentement. Qui essaie de vous faire du mal ?
-Un homme….il est chez moi….venez vite !
-Vous êtes seule ?
-Oui…il a déjà …..
-Allô ? ALLÔ ? ! Vous êtes là ?


La policière recula de sa chaise. « Eh Tom ! J’ai un problème je crois… » Son collègue haussa les épaules et lui fit signe de continuer :
-Je viens d’avoir une femme au téléphone, elle disait qu’on essayait de la tuer, et ça a coupé…
-Tu crois que c’est sérieux ?
-Je sais pas…peut-être…il faut qu’elle rappelle…
-Tu as réussi à localiser l’appel ? Attend, laisse moi faire, tu es exténuée.
-Merci…
Tom s’approcha vers elle et avança le clavier de son ordinateur : « On va voir… » Il tapa deux trois commandes et appuya sur « entrée » . Une série de lieu et de dates apparaissaient sur l’écran : « Tiens regarde…dernier appel à 3h34... mer**, on n’a rien. Attend, j’essaie encore… » Elle bascula la tête en arrière puis se frotta les yeux :
-J’espère que c’était une fausse alerte…
-Tu ne pouvais rien faire d’autres…et puis avec toute cette neige, les routes sont quasiment impraticables…ne t’en fait pas, je suis sûr qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter …Allez viens, on va prendre un café bien chaud.




Mary avait son oreille plaqué contre le combiné du téléphone. Recroquevillée sur elle-même, elle ne bougeait pas d’un centimètre.


La porte s’ouvrit doucement.



Ses yeux étaient dorénavant grands ouverts. Elle regarda qui cela pouvait bien être mais ne parvenait pas à distinguer quoi que ce soit. Elle s’affaiblissait, terrassée par tout ce qu’elle venait de vivre. Le téléphone lui glissa des mains. Blottie dans un coin de la pièce, ses muscles se relâchaient. « Pardonne moi… » pensa-t-elle. On s’approchait vers elle. Mary fronça les sourcils lorsqu’elle l’aperçut. Elle eut la respiration coupée. Ses lèvres tremblaient. Elle était face à lui. Elle ne pouvait plus rien faire. Il n’y avait plus d’échappatoire : en fait, il n’y en avait jamais eu. Elle venait de comprendre.Tout s’expliquait.


Elle savait.


« Viens… »







<center>Epilogue</center>



« -Vous voyez, tout le quartier a entièrement été construit. Toutes les maisons ici sont neuves. L’école est à 5 minutes en voiture, et le centre commercial également. D’ailleurs, tout ceci va être inauguré l’année prochaine, c’est-à-dire dans un mois.
Une nouvelle année pour un nouveau quartier en quelque sorte.
Exact, répondit l’agent immobilier le sourire au lèvre. Il était convaincu qu’il pourrait vendre l’une de ces maisons à cette famille.
Quelques mètres plus loin, ils arrivèrent devant une splendide maison :
C’est celle là qu’il nous faut chéri ! Elle est merveilleuse, déclara la femme tout en trépignant des pieds.
On peut la visiter ? demanda le mari.
Bien sûr. Suivez moi. Sachez que cette maison a entièrement été rénovée, c’est la seule à ne pas avoir été construite. Suivez moi. Tout de suite sur votre droite, les escaliers qui mènent au premier étage. Là, à gauche se trouve le séjour et en face la cuisine. Le jardin est juste derrière, vous voyez ?
Et cette porte ? Où cela mène-t-il ?
Il s’agit de celle de la cave. Les travaux ne sont pas encore finalisés, ça ne saurait tarder. En haut se trouve les chambres et la salle de bain.
- Vous nous avez dit que le quartier était neuf, c’est ça ?Qu’est-ce qu’il y avait ici avant ?
Des champs à perte de vue. La mairie a mis plus de 20 ans avant de tirer profit de ses terrains.
Pourquoi tant de temps ?
Bonne question…Disons que la ville doit s’agrandir pour pouvoir loger tout le monde…
- Ok…Je vois…De toutes façons, la maison est super et c’est ça le plus important. N’est-ce pas chérie ? »
Un sourire en guise de « oui » et dix minutes plus tard, l’affaire était conclue : les Matheson venaient d’acquérir cette résidence .



De retour de l’agence immobilière et après avoir négocié et discuté des clauses du contrat, les Matheson étaient parvenus à un accord favorable : pouvoir habiter là avant l’inauguration officielle, ce qui leur permettrait de passer les fêtes de fin d’année ici.
Une semaine plus tard, ils étaient confortablement installés dans leur nouvelle demeure, sans se douter à aucun moment de ce qui pouvait se passer…et de ce qui s’était déjà passé…




Hiver 2004.
17 décembre
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