[FILM] The Cured

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zombieater
Survivor
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07 avr. 2019, 10:34

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Dans la lignée des "28 semaines..." et "28 jours plus tard", ce film anglo-franco-irlandais écrit et réalisé par David Freyne, sorti en 2017 au Royaume Uni et 2018 pour le DVD français, aborde le problème sous un angle inédit : celui du retour à la société des infectés après leur guérison.

Après plusieurs années de ravage, un virus transformant les gens en fous-furieux homicides est enfin vaincu par un médicament qui permet de guérir les personnes atteintes et de les ramener mentalement à la normale. Il s'agit maintenant de les réintégrer dans une société qui a beaucoup pâti de leurs méfaits. Inégalement taraudés par les souvenirs de leurs crimes passés - même si pénalement ils en ont été jugés irresponsables - ils sont aussi diversement accueilli par la population restée saine, dont beaucoup de parents ont été victimes de leurs atroces agissements. Logiquement, les "traités", comme on les appelle, vont réagir de façons bien différentes selon les individus... et puis, toute guérison ne comporte t-elle pas inéluctablement un risque de rechute?
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Dans chacune des deux catégories - parents de victimes et irresponsables guéris - va donc émerger une faction prête au pire. Et c'est alors que va se mettre en route un processus d'anticipation autoréalisatrice : les premiers étant convaincus que les seconds vont retomber malades et perpétrer à nouveau d'odieux forfaits, et les seconds que les premiers ont le désir de les mettre préventivement à mort, ils vont se préparer en conséquence à se défendre. Mais se défendre, c'est s'armer, et s'armer, pour ceux d'en face, c'est s'apprêter à attaquer. Chaque faction voit donc les préparatifs défensifs de l'autre comme un prélude à l'agression.

Le thème traité par le film est donc également le suivant : la simple hypothèse qu'un conflit est susceptible de survenir va l'engendrer, validant ainsi a posteriori les anticipations des différents acteurs - l'anticipation auto-réalisatrice étant cette situation où les décisions des protagonistes, basées sur un ou plusieurs événements passés, sont suffisantes pour engendrer l'événement craint qui ne se serait, sinon, pas nécessairement produit.

Sans atteindre le degré des films de Danny Boyle ou Juan Carlos Fresnadillo, "The cured" demeure un très honnête film du genre, qui a le mérite d'explorer un aspect encore jamais envisagé dans cette catégorie cinématographique.
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