[Film] The Last Girl – Celle qui a tous les dons

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zombieater
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15 avr. 2019, 19:26

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Tiré du roman "The Girl With All The Gifts"(2014) de l'écrivain britannique Mike Carey, ce film est l'oeuvre du réalisateur de télévision écossais Colm Mc Carthy. Il aborde la problématique des enfants nés zombies de parents sains, dont la particularité est de n'adopter le comportement anthropophagique agressif qu'en présence de stimuli particuliers - principalement l'odeur d'êtres vivants - mais de présenter une allure tout à fait normale le reste du temps. Pour reprendre un vieux concept théologique, chacun de ces enfants est unique en deux natures : humaine et zombie. Le mort y est consubstantiel au vif. Plusieurs dizaines sont donc tenus au secret dans une base souterraine où des scientifiques les soumettent à des batteries de tests cognitifs : c'est là que débute le film.

Car dehors, à la surface, la guerre entre humain et zombis intégraux continue à faire rage. L'humanité espère trouver chez les zombis consubstantiels que sont ces enfants le remède à la mutation forcée qui l'affecte, la possibilité d'inverser définitivement le processus. C'est lors d'une séance de vivisection programmée que tout bascule : pour une raison inexpliquée, les morts-vivants parviennent à envahir la base² et seuls quelques militaires, deux scientifiques et une jeune sujet d'expérience parviennent à s'enfuir.

Filmiquement, imaginez "Le jour des morts-vivants" de Romero revu façon "L'armée de morts" de Zack Snyder et vous avez "The Last Girl – Celle qui a tous les dons" : terrifiant et grandiose, glaçant et émouvant à la fois, on se prendrait presque à sympathiser avec la jeune zombie consubstantielle Mélanie comme on le fit en 1985 avec le Boubou du film de Romero, jusqu'à ce que la docteur Caroline Caldwell - interprétée par Glenn Close qui, au passage, délivre certainement la meilleure performance d'actrice du film - nous murmure dans un lugubre hôpital abandonné qu'au moment de leur naissance, Mélanie et ses semblables ont dévoré vivantes leurs génitrices...
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Tant et si bien qu'au fur et à mesure du visionnage on est persuadé de voir sous nos yeux s'ériger un des nouveaux piliers fondateurs de la mythologie zombie, avec le développement complet et circonstancié d'un thème jusqu'ici délaissé ou très fugacement abordé : le devenir des zombis nés tels quels. Dans "l'Armée des morts" et, avant lui, dans "Zombi 3" (Fulci/Fragasso/Mattéi, 1988) les petits monstres étaient exécutés dès leur naissance. Ici, on les a conservés, élevés, et depuis leur évasion c'est en tant que pré-adolescents qu'ils se sont répandus alentours. Que va t-il en advenir, et - surtout! - que va t-il advenir tout court avec ces zombis conscients et intelligents? Car on voit, à plusieurs reprises dans l'histoire, que Mélanie tente de contrôler son appétence en prévenant son entourage quand elle en sent poindre un accès, ou en la détournant sur des formes de vie non-humaines.

Malheureusement le dernier tiers gâche les si prometteuses 80 minutes d'excellence cinématographique précédentes : d'autres enfants viennent à être découvert dans la ville abandonnée, et Mélanie et eux passent au premier plan scénaristique. On sait qu'il n'y a meilleure façon de décrédibiliser et d'invraisemblabiliser une tragédie que d'en donner la principalité à des gamins. Ce film ne déroge pas à la règle et se clôt regrettablement comme un espèce de conte façon "reine Fabiola chez les morts-vivants". Consternant bousillage, non seulement de plus d'une heure d'épatante pellicule, mais plus que tout d'un concept qui aurait pu utilement enrichir la cosmogonie zombie.



² les mouvements maxillaires des zombies y sont identiques à ceux du film "World war Z" et la voix française de la soldate coiffée à l'iroquoise est celle de Michonne dans "The walking dead"
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